Référendum contre la baisse du taux de conversion du 2ème pilier

Un comité, sur l’initiative du syndicat Unia, suivi par Comedia, le Sit à Genève, le Parti suisse du Travail, l’USS, l’Avivo, le PS ainsi que Solidarités, s’oppose à la baisse du taux de conversion du 2ème pilier et organise le lancement d’un référendum contre cette baisse. Les référendaires ont jusqu’au 16 avril pour réunir les 50'000 signatures nécessaires.

Le comité veut combattre cette baisse des rentes qu’il interprète comme une attaque contre l’Etat social. Il considère que l’Etat fait supporter aux salariés les conséquences de la crise des marchés financiers.
Leur argumentaire ne revendique que l’aspect social de cette situation et néglige l’état de l’économie et des marchés financiers ainsi que le principal facteur : l’augmentation de l’espérance de vie.
 
La réduction du taux de conversion prônée par le Conseil fédéral devrait prendre effet en 2015, la rente passant alors de 6.8% à 6.4%, ce qui représente CHF 6’400.- au lieu de CHF 6'800.- pour une tranche de capital de CHF 100'000.-. 

La précédente révision prévoyait une réduction progressive, faisant passer le taux de 7.2% à 6.8% entre le 1er janvier 2005 et 2014. Le rendement annuel des capitaux de prévoyance était alors basé sur un taux moyen de 4.5%.
 
L’abaissement à 6.4% (alors que 6% avaient été évoqués) se base sur des attentes de rendements compris entre 3.35% et 4%.
 
Aujourd’hui la situation est devenue plus complexe. Les marchés restent incertains; les performances sont devenues « dérisoires » voire négatives; l’économie et les entreprises sont sur la défensive et l’horizon ne semble pas vouloir se dégager avant de nombreux mois ou années.
L’incertitude, la difficulté d’établir des pronostics et les changements structurels viennent encore s’ajouter à la complexité de cette problématique.
 
L’autre alternative serait d’augmenter les cotisations des salariés et des entreprises. Elle avait été envisagée il y a quelques années déjà, alors que la situation économique et les rendements étaient bien meilleurs. Le vieillissement de la population était le principal argument de cette option.
 
En conclusion, les considérations politiques et dogmatiques des initiants vont à l’opposé de la réalité des marchés et de la démographie.

 

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