Enquête 2010 sur la fraude en entreprise

Le contexte économique accroit les risques de fraude.  

La hausse de la fraude au niveau mondial pose de graves questions de responsabilité au sein des conseils d’administration.

La 11ème enquête internationale Ernst & Young révèle que 64% des suisses interrogés (76% à l’échelle internationale) estiment que leur conseil d’administration est de plus en plus préoccupé par sa responsabilité personnelle en cas de fraude, de pots-de-vin et de corruption dans le cadre des activités de l’entreprise. Ces même conseils ne sont pas suffisamment préparés à ces nouveaux risques.

A la suite de la récession, de nombreuses entreprises ont recherché de nouvelles opportunités de croissance dans des nouveaux marchés, ou encore par des acquisitions. Ces démarches exposent les entreprises à des risques nouveaux, incluant la corruption. Pour réduire ces risques, les entreprises doivent mettre en place des procédures de due diligence strictes et précises.

Sur ce dernier point 46% des suisses déclarent n’appliquer que rarement, ou jamais, de telles procédures – contre 30% en Europe occidentale et 30% à l’échelle internationale. Plus préoccupant, les procédures de due diligence post-acquisition ne sont prises en considération que rarement, voire pas appliquées par 55% des entreprises suisses. Seuls l’Australie et le Japon s’approchent de ces scores avec, respectivement, 54 et 53%.

Ces réponses ont été recueillies auprès de 1400 directeurs financiers, responsables d’audits internes, de services juridiques et de compliance, dans 36 pays.
Naturellement ces statistiques démontrent quelques disparités et divergence de chiffres selon les implantations géographiques, mais pour la seule Europe occidentale, le taux de fraude est passé de 10 à 21%, la Suisse se positionnant à 16%. Le taux de fraude pour l’Amérique latine est de 21% alors qu’au Moyen-Orient et en Afrique il se situe à 18%.

Il faut rappeler que l’adoption récente de l’article 102 du Code pénal suisse sanctionne plus sévèrement les conduites malhonnêtes des individus et des entreprises, avec la possibilité d’une application extraterritoriale.

Ce qui précède ne semble pas inciter les conseils d’administration à prendre des mesures pour leur protection. Ainsi l’étude démontre que seuls quatre directeurs financiers sur dix ont été invités à vérifier les procédures de prévention de fraude et de corruption au cours des 12 derniers mois. Seuls 28% ont été priés de produire une évaluation de ces risques.

Au-delà des contrôles et audits internes, il semble naturel et impératif de procéder à une évaluation régulière des risques dans certaines activités, incluant informatique, les informations stockées et traçables, ainsi que certains marchés, afin de permettre aux responsables de la gestion de risques de prioriser les situations menaçantes.
 

http://www.ey.com/Publication/vwLUAssets/India_11th_Global_Fraud_Survey/$FILE/India%2011th%20Global%20Fraud%20Survey.pdf

Source : Ernst & Young 11th Global Fraud Survey

 

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